L’instrument est accroché au mur du salon familial depuis 2011. Personne n’a repris après le décès du grand-père. Ce qui manquait n’était pas un professeur : c’était quelqu’un capable d’enseigner sans partition.
Son grand-père jouait chaque vendredi après-midi. Il est mort en 2011, et l’oud est resté accroché — devenu objet plutôt qu’instrument. Nizar a trente ans et n’a jamais posé les doigts dessus.
Ma mère me disait de le prendre. Je n’osais pas, parce que mal jouer sur son oud m’aurait paru une faute.
Nizar a cherché oud et trouvé sept mentors. Il a choisi celui qui a demandé, dans son premier message, une photo de l’instrument.
Première séance, ils ne jouent pas : Taoufik change les cordes, ajuste le chevalet, accorde l’instrument. L’oud n’avait pas été touché depuis quatorze ans. Puis il joue dessus, dix minutes, pendant que Nizar écoute.
Ma mère pleure quand je joue le morceau de mon grand-père. C’est pour ça que je l’ai décroché.
Le piano de Leïla se travaille sur partition. Le oud se transmet autrement : une phrase jouée, une phrase répétée, avec des ornements et des micro-intervalles qu’aucune notation occidentale ne capture. C’est pour cela qu’un professeur est irremplaçable ici.
C’est aussi pourquoi la séance a lieu chez le mentor : il faut entendre l’instrument dans une pièce, pas à travers un micro.
Oud, qanûn, darbouka, ney, violon oriental. Des mentors enseignent par transmission orale, comme ces instruments s’apprennent.
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