Il courait dix kilomètres deux fois par semaine, sans effort et sans progresser, depuis quatre ans. Le marathon de Carthage était dans seize semaines. Le plus dur du plan n’a pas été de courir plus : c’est d’accepter de courir moins.
Dix kilomètres en 52 minutes, deux fois par semaine, toujours le même parcours et la même allure. Il n’avait jamais été blessé, et il n’avait jamais progressé.
Je courais confortablement. Je pensais que courir plus longtemps suffirait à courir un marathon.
Première séance, pas de course : un test d’allure sur piste et quinze questions sur son sommeil, son travail, ses repas. Puis le plan — et Amine découvre qu’il va courir moins de kilomètres la première semaine qu’avant.
Le principe est simple et contre-intuitif : on progresse pendant le repos, pas pendant l’effort. Trois semaines chargées, une allégée. Amine a contesté la première semaine allégée par message.
Yassine m’a fait courir moins vite et moins souvent que ce que je faisais seul. C’est comme ça que j’ai progressé.
Les autres coachings poussent quelqu’un qui n’en fait pas assez. Ici, l’apprenant en faisait déjà — mal. Le travail consiste à réduire, à ralentir, à imposer des semaines légères que personne ne s’accorde seul.
C’est aussi pourquoi la séance hebdomadaire ne dure que trente minutes : on n’y court pas, on y relit la semaine passée et on ajuste la suivante.
Course, triathlon, natation, cyclisme. Des entraîneurs construisent un plan sur ton historique réel — et t’imposent les semaines de repos.
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