Son mariage dans deux mois, une danse attendue par toute la famille, et aucune expérience de la scène. Ce n’était pas la chorégraphie qui l’effrayait : c’était d’être regardée.
Dans sa famille, la mariée danse. Sa mère l’a fait, ses deux sœurs aussi. Personne n’a posé la question à Dorra — c’est une évidence, et c’est ce qui la rendait impossible à refuser.
J’ai dit oui en riant. Le soir, j’ai calculé combien de personnes allaient me regarder.
Dorra a cherché danse orientale et coché en studio — pas chez elle : elle voulait un espace où l’on ne fait que ça.
Première séance, Leïla ne travaille pas la technique. Elle demande à Dorra de marcher d’un bout à l’autre du studio pendant qu’elle la filme. Elles regardent ensemble : Dorra ne lève pas la tête. C’est là que le travail a commencé.
La danse, je l’avais apprise en trois semaines. Ce que Leïla m’a vraiment appris, c’est de lever les yeux.
On croit venir chercher une chorégraphie. Mais quatre-vingt-dix secondes de danse s’apprennent en trois semaines — c’est la présence devant trois cents personnes qui prend les cinq autres. Aucun tutoriel ne travaille cela.
C’est pourquoi la séance a lieu en studio et non à domicile : il faut un espace de scène, et la possibilité d’y asseoir un public.
Danse, chant, prise de parole, présentation. Des mentors travaillent la présence autant que le geste, avec un public ajouté progressivement.
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