Retraité depuis six mois, il a acheté tout le matériel d’aquarelle le premier mois. Pinceaux, papiers, trente tubes. Il n’a rien peint, parce qu’il ne savait pas par où commencer — et qu’il avait peur de gâcher un papier à 12 DT la feuille.
Trente-cinq ans d’ingénierie, et l’envie ancienne de peindre les paysages du cap Bon. Le premier mois, il achète le meilleur matériel conseillé en ligne. Le sixième mois, la boîte n’est toujours pas ouverte.
Un papier à 12 DT, je n’osais pas le rater. Alors je ne commençais pas.
Première séance, Selma met de côté vingt-sept tubes. Elle en garde trois, un pinceau, et un bloc de papier bon marché apporté par elle. « On gâche celui-là. Le beau papier, ce sera pour dans deux mois. »
Elle m’a donné le droit de rater. Je n’aurais jamais commencé sans ça.
On croit qu’il faut le bon matériel pour bien commencer. C’est souvent l’inverse : le beau matériel intimide, et chaque essai devient précieux. Selma a réduit les choix et rendu l’échec bon marché.
C’est une histoire de retraite, mais la règle vaut pour tous les loisirs créatifs : on apprend en ratant, et il faut que rater ne coûte rien.
Aquarelle, dessin, poterie, calligraphie. Des mentors à domicile t’aident à faire le premier geste, et les cinquante suivants.
Trouver un mentorarrow_forward