Allemande, mutée à Tunis pour trois ans. Elle avait un français de bureau correct et se taxait un taxi en anglais. Aucun examen à passer : juste une vie à mener dans une langue.
Quatre ans de français au lycée, des réunions en français depuis son arrivée. Et une incapacité complète à faire réparer une fuite, acheter du poisson, ou comprendre le prix qu’on lui annonce. Le vocabulaire du travail ne recouvre rien de la vie.
Je pouvais présenter un budget trimestriel. Je ne savais pas dire « il y a une fuite sous l’évier ».
Célia a écrit ce qu’elle voulait dans sa demande : « pas de grammaire, pas d’examen, je veux parler aux gens ». Trois mentores sur onze ont répondu qu’elles pouvaient faire cours à l’extérieur.
Quatrième séance, elles ne restent pas dans le salon. Elles vont au marché de La Marsa, et Dorra ne parle plus du tout allemand ni anglais pendant une heure.
Je n’ai aucun papier qui prouve mon niveau. J’ai des voisins qui m’invitent à dîner.
Les cours de langue mènent presque tous à un examen — c’est la seule façon de mesurer un progrès. Mais pour qui s’installe, le progrès se mesure autrement : à ce qu’on arrive à faire seul dans la semaine.
C’est aussi pourquoi la séance sort parfois du salon : certaines choses ne s’apprennent qu’au marché.
Français, arabe tunisien, anglais. Des mentors travaillent à partir de ta semaine réelle — et acceptent de faire cours dehors.
Trouver un mentorarrow_forward