Elle vend des gâteaux par Instagram depuis un an. Le local est signé, l’ouverture prévue en septembre. Il lui manquait trois techniques qu’aucune vidéo ne lui avait apprises — parce qu’elles se sentent avec les doigts.
Ses gâteaux partent bien. Ses tablettes, non : elles blanchissent en deux jours et cassent mal. Un client professionnel lui a passé une commande de cent pièces — elle a refusé, faute d’être sûre du résultat.
J’ai refusé la plus grosse commande de l’année parce que je n’arrivais pas à comprendre pourquoi mon chocolat blanchissait.
Sur Mentorni, elle coche chez le mentor — parce que le problème venait peut-être de son matériel, et qu’il fallait le vérifier sur un autre.
Premier samedi, il lui fait tempérer une masse devant lui sans rien dire. Puis il touche le chocolat et lui fait toucher aussi. « Là. Tu sens ? Il est trop tard de quinze secondes. »
Ridha ne m’a pas donné une recette. Il m’a fait toucher le chocolat au bon moment, et à partir de là je savais.
La visio convient à ce qui s’explique et se montre. Mais un geste qui dépend d’une texture, d’une odeur ou d’un son demande d’être au même endroit — et souvent sur du matériel qu’on n’a pas encore.
C’est aussi pour cela que « Arts & loisirs » n’est pas qu’une catégorie de loisirs : c’est là que se préparent beaucoup de projets professionnels.
Chocolaterie, barista, poterie, photographie, couture, menuiserie. Des professionnels ouvrent leur atelier quelques heures par semaine.
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