Il parle arabe depuis toujours. Scolarisé en France, il ne sait ni le lire ni l’écrire. Son père lui a laissé des carnets de poèmes, et il veut pouvoir les lire lui-même avant de les transmettre à ses enfants.
Son père écrivait des poèmes. Il est décédé l’an dernier, et a laissé trois carnets. Hedi comprend chaque vers quand sa mère les lit à voix haute. Seul, il ne reconnaît pas les lettres.
Je veux lire les mots de mon père avec mes yeux, pas avec la voix de quelqu’un d’autre.
Première séance, Amina lui demande de photographier une page du carnet. C’est ce poème qui servira de manuel. Chaque lettre sera apprise dans un mot que son père a écrit.
J’ai appris à lire ma langue avec l’écriture de mon père. Je ne pouvais pas rêver meilleur manuel.
Comme Nour à neuf ans, Hedi n’est pas débutant — il parle depuis toujours. Mais adulte, son but n’est pas de répondre à une grand-mère : c’est de lire de la poésie. Le programme s’est construit sur les carnets eux-mêmes.
C’est la dernière histoire de cette collection, et peut-être la plus simple : le bon mentor est parti de ce qui comptait pour l’apprenant.
Arabe, tamazight, turc, persan. Des mentors enseignent l’écrit aux adultes qui parlent déjà, à partir des textes qui comptent pour eux.
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