Traductrice indépendante, une mission livrée en janvier, une facture jamais payée, un client qui ne répond plus. Une avocate lui a dicté la mise en demeure — et lui a dit à partir de quel montant il valait la peine d’aller au tribunal.
Quatre cents pages traduites en six semaines, livrées le 12 janvier, facturées le lendemain. Le client — une agence de communication — a accusé réception. Puis plus rien. Onze courriels, quatre appels, deux messages sur LinkedIn.
Ce n’est pas seulement l’argent. C’est de passer sept mois à quémander quelque chose que j’ai déjà livré.
Elle réserve en cochant droit commercial. Elle arrive avec une question morale — « ai-je le droit ? » — et l’avocate la transforme en question économique : combien ça coûte, combien ça rapporte, en combien de temps.
Premier point : ses courriels valent un contrat. Le devis accepté par retour de courriel, la livraison confirmée, l’accusé de réception de la facture — le dossier est solide.
La séance se termine par la dictée de la mise en demeure, et par une deuxième chose que Wafa n’attendait pas : la réécriture de ses conditions de paiement pour les missions suivantes — acompte de 40 %, pénalités de retard.
Le plus utile n’était pas la lettre. C’était de savoir qu’en dessous de 1 500 DT, elle m’aurait dit de laisser tomber.
Un conseil utile ne se contente pas d’indiquer une voie : il chiffre son coût et sa durée, et il annonce le seuil en dessous duquel renoncer est la bonne décision. Wafa est repartie avec les trois scénarios — dont celui de ne rien faire.
Cette séance a aussi servi à autre chose qu’au litige : elle a réécrit ses conditions de paiement, pour que le problème ne revienne pas.
Impayés, litiges commerciaux, contrats, conditions de vente. Des avocats chiffrent tes options en une heure — y compris celle de ne rien faire.
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