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auto_storiesHISTOIRE · SPORT & BIEN-ÊTRE

Amine, 31 ans,
et les semaines
de repos.

Il courait dix kilomètres deux fois par semaine, sans effort et sans progresser, depuis quatre ans. Le marathon de Carthage était dans seize semaines. Le plus dur du plan n’a pas été de courir plus : c’est d’accepter de courir moins.

placeTunis directions_runCourse · marathon schedule5 minutes de lecture
01 Le plateau

Quatre ans au même rythme.

Dix kilomètres en 52 minutes, deux fois par semaine, toujours le même parcours et la même allure. Il n’avait jamais été blessé, et il n’avait jamais progressé.

Je courais confortablement. Je pensais que courir plus longtemps suffirait à courir un marathon.

AMAmine
02 Ce qui l’aurait cassé

Les plans gratuits supposent qu’on sait déjà s’écouter.

descriptionUn plan trouvé en ligne — seize semaines, quatre sorties hebdomadaires, sans aucune adaptation à son historique.
groupsUn club — deux entraînements collectifs le soir, aux heures où il travaille.
smartphoneSon application — des allures cibles calculées sur un record qu’il n’avait jamais tenté.
trending_upSon instinct — augmenter le volume de 20 % par semaine. C’est ainsi qu’on se blesse au troisième mois.
03 La rencontre

Un entraîneur qui a réduit son volume.

Première séance, pas de course : un test d’allure sur piste et quinze questions sur son sommeil, son travail, ses repas. Puis le plan — et Amine découvre qu’il va courir moins de kilomètres la première semaine qu’avant.

YK Yassine K.verified Entraîneur · course sur route 4,958 avis
videocamSuivi en ligne event_available1 séance par semaine schedule30 min payments55 DT

Le principe est simple et contre-intuitif : on progresse pendant le repos, pas pendant l’effort. Trois semaines chargées, une allégée. Amine a contesté la première semaine allégée par message.

04 Seize semaines

Trois allures, et des semaines volontairement légères.

Semaines 1–3Il apprend à courir lentement. Son allure d’endurance est 1 min 10 plus lente que son allure habituelle. Il trouve ça ridicule.
Semaine 4Semaine allégée. Il envoie un message : « je perds ma forme ». Yassine répond par un graphique.
Semaine 8Premier 25 km. Il le termine sans marcher — ce qu’il n’avait jamais fait.
Semaine 12Sortie longue de 32 km. La plus dure du plan, et celle qui a fixé son allure de course.
Semaines 14–16Affûtage : le volume baisse de 40 %. Il a de nouveau contesté. Il est arrivé au départ frais.
05 Le jour J

3 h 48. Il visait 4 h 15.

3 h 48 au marathon de Carthage,<br>pour un objectif fixé à 4 h 15. Seize semaines de plan, une séance de suivi de 30 minutes par semaine en visio. Aucune blessure.

Yassine m’a fait courir moins vite et moins souvent que ce que je faisais seul. C’est comme ça que j’ai progressé.

AMAmine
CE QU’UN ENTRAÎNEUR APPORTE ICI

Freiner
quelqu’un de
motivé.

Les autres coachings poussent quelqu’un qui n’en fait pas assez. Ici, l’apprenant en faisait déjà — mal. Le travail consiste à réduire, à ralentir, à imposer des semaines légères que personne ne s’accorde seul.

addCourir plusL’instinct de tout coureur motivé. Il mène au plateau, puis à la blessure.
removeCourir justeTrois allures distinctes, et des semaines allégées imposées de l’extérieur.

C’est aussi pourquoi la séance hebdomadaire ne dure que trente minutes : on n’y court pas, on y relit la semaine passée et on ajuste la suivante.

Tu t’entraînes depuis des années au même niveau.

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